Courriers des lecteurs

Ce numéro d’avril n’est pas simplement un numéro consacré à la poésie, c’est en lui-même un numéro poétique ! 

Fidèle à la proposition de John Lee Clark, Écho a su créer un pont entre les lecteurs d’une part et les poètes et les acteurs du monde Sourd d’autre part, 
grâce aux vidéos complémentaires qui sont désormais proposées. 

Ces vidéos sont autant de fenêtres qui s’ouvrent sur le monde des signes. Le nouveau magazine fonctionne comme un poème en LSF qui 
« Montre tout simplement des êtres humains. Rien concernant le fait d’entendre ou d’être sourd, juste des gens. » John Lee Clark.

Pourtant, si ces « gens » n’ont rien d’ordinaire, ce n’est pas parce qu’il sont sourds et qu’ils utilisent une Langue des Signes,
mais c’est parce qu’ils osent proposer une autre façon de décrire le monde et de le ressentir, en tant que poètes sourds ou Sourds-Aveugles. 

Ce numéro est un tableau vivant  montrant l’être humain face à son existence et ses combats: pour le beau et pour le droit d’exister autrement que par le son.

Les vidéos créent un espace visuel qui donne tout son sens aux articles qui les accompagnent. La vidéo devient une sorte de scène de théâtre dans lequel l’humain peut s’épanouir en LS , se révéler et se raconter aux yeux des lecteurs. 

Les vidéos que l’on peut revoir autant de fois que l’on souhaite, fournissent une scène illimitée pour les poètes et comédiens Sourds qui dessinent devant nos yeux des métaphores bouleversantes de vérité.

Figer ces poèmes dans un enregistrement vidéo ne les rend pas prisonniers et ne retire en rien leur force. Au contraire ! Ces enregistrements sont
comme l’écho des mains des poètes qui répète inlassablement leur cri. 

La présence, dans ce numéro, des vidéos d’archives sont la preuve de l’enracinement de la culture sourde dans une histoire riche et complexe.

Grâce à ce nouveau format éditorial, je me suis sentie personnellement invitée, bien qu’étant entendante, à célébrer la beauté de la langue des signes. 

Anne Sophie Mazas

2 message(s) dans le livre d'or

  • Brigitte Lemaine, sociologue et cinéaste
  • Le 12/04/2018

J'ai lu la nouvelle édition d'un journal que je connais depuis longtemps Echo-Magazine et que j'avais laissé pendant un certain temps. Je retrouve goût à le lire. J'ai particulièrement apprécié les rubriques « Spécial mois de la femme » ou « Poésie » qui m'ont apporté beaucoup en découverte, en émotion et en admiration de ces personnalités sourdes si actives et créatives. Mais j'ai bien aimé aussi être tenue au courant des actualités des associations locales et des échanges internationaux ainsi que de la vie des sourds de part le monde comme à Montréal. Nulle part ailleurs je ne peux trouver autant d'informations sur la vie des sourds, leurs spectacles, leurs livres, leurs artistes et aussi sur leur histoire si méconnue. C'est donc une revue bien complète et bien rédigée que je vous conseille d'acheter.

  • Christiane Fournier
  • Le 12/04/2018

Depuis mes jeunes années ,j'ai toujours vu à la maison les journaux spécifiques à la communauté des sourds et un encore plus emblématique comme l'Echo de Saint-Jacques, normal pour un ancien élève de l'Institut Saint-Jacques, comme mon père. Je les ai feuilletés, lus certains articles, ils étaient souvent centrés sur les assemblées, les conférences, éventuellement sur des informations législatives, sociales, pouvant concerner les personnes sourdes et exceptionnellement des évènements comme certains procès retentissants à l'époque.
Ayant pris un peu de distance avec ces journaux pendant de longues années je retrouve Echo-Magazine totalement renouvelé avec son support sur internet très attrayant. Les différents responsables de la revue ont su lui donner un nouveau style, par la présentation et le choix des centres d'intérêt. On a changé d'époque .
C'est ainsi que j'ai découvert dans le dernier numéro un titre qui m'a interpellée :
« Sourd et poète » stupéfiant !
Je lis l'article que vous consacrez au grand poète américain et on y sent cette sensibilité poétique que veut nous transmettre John Lee Clark.
Grâce à vous, nous avons découvert, tout au moins pour ma part, ce poète sourd et aveugle. La retransmission de cet interview m'a éblouie et fascinée. En un mot c'est hallucinant de pouvoir jongler avec les mots, le braille, les signes, les images. Du jamais vu !
Parler de la poésie comme le fait John Lee Clark est le propre des grands poètes et surtout il nous fait découvrir à nous, le monde entendant, que la poésie n'appartient pas qu'aux entendants et aux voyants, et surtout que la beauté du vouloir dire appartient à celui qui peut le faire découvrir et le faire partager.

Écrire un message sur le livre d'or

Code incorrect ! Essayez à nouveau