Rencontre avec Virginie Delalande

Virginie

 

C’est à Annecy que je rencontre Virginie Delalande, récemment révélée au grand public, par un reportage télévisé : « L’éloquence des Sourds ». Le témoignage qu’elle y livre interpelle ma curiosité, me poussant à en apprendre davantage sur sa trajectoire, sur ce qui l’anime. Très gentiment, elle accepte de me recevoir, simple, spontanée et accessible, n’éludant aucune de mes questions.

P.M. : - Virginie, vous avez toujours été déterminée à parler, et, à force de persévérance, vous êtes devenue la première femme avocate sourde profonde de naissance de France.
V.D. : Effectivement, cela représente, pour moi, 20 ans d’efforts en séances d’orthophonie. Mais parler est mon mode d’expression naturel, même si je connais la Langue des Signes Française (LSF) que j’ai apprise « sur le tas », à ma majorité.

P.M. : Depuis la diffusion du reportage de Laëtitia Moreau, « L’éloquence des Sourds » (ARTE) quelles ont été les réactions des téléspectateurs ?
V.D. : Elles ont été variées, certains de mes commentaires ayant été plus ou moins bien appréhendés, mais, dans une large majorité, j’ai reçu des témoignages de soulagement et de gratitude de la part des sourds oralistes qui se sentaient enfin rétablis dans une forme de compréhension, de visibilité et de reconnaissance publique. Enfin, il y a eu l’enthousiasme et une certaine forme d’admiration, de la part d’entendants à qui cette émission permettait de découvrir et/ou réviser leur jugement sur les Sourds et la surdité.
Pour ma part, j’ai tenté de partager mon point de vue, le plus honnêtement possible, mais je ne me considère pas comme un emblème, un porte-parole d’une cause sourde ou handicapée...

A suivre dans le numéro de Janvier

 

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